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jeudi 9 décembre 2010

Critique de 'Speak'

Une critique du film faite par filmsactu.com, bonne lecture.

Production destinée à la télévision, Speak met en scène Kristen Stewart dans une tranche de vie adolescente à travers l'histoire d'une jeune fille qui se réfugie dans le mutisme suite à un traumatisme. Réalisé par Jessica Sharzer, Speak lève le tabou du viol entre adolescents tout en soulevant une poignée de questions pertinentes sur le milieu scolaire, du conformisme des jeunes à l'incapacité du corps enseignant à tendre l'oreille lorsqu'un adolescent manifeste des symptômes de dépression. A la croisée entre le teen-movie et le drame psychologique, Speak évite les pièges du mélodrame et sait se rendre constamment accessible grâce à une réalisation efficace donnant la part belle à l'interprétation de Kristen Stewart, dont le jeu se révèle déjà étonnant de maturité. A l'arrivée, l'histoire, en plus d'être touchante, délivre sans moralisme un message encourageant destiné à être entendu par les adolescents comme par les adultes. Pour un simple téléfilm, ce n'est pas si mal.

Production télévisuelle réalisée en 2004, Speak arrive dans les bacs français grâce au succès rencontré entre temps par son actrice principale, Kristen Stewart, avec la saga Twilight. Mais que les détracteurs de cette dernière mettent de côté leur hargne : Speak est une production à petit budget qui vaut le détour, ne serait-ce que pour son sujet et ses qualités d'interprétation. L'histoire nous plonge dans le milieu lycéen où une jeune fille, Melinda Sordino (Kristen Stewart), se débat contre ses démons intérieurs. Victime du rejet de la part des autres élèves, à commencer par sa meilleure amie, pour avoir appelé la police pendant une fête, Melinda se replie peu à peu sur elle-même, jusqu'à se réfugier dans le mutisme. Progressivement, son traumatisme lié à une agression survenue au cours de la fameuse soirée va refaire surface. A la croisée des genres entre le teen-movie et le drame psychologique, Speak lève le tabou du viol entre adolescents sans jamais verser dans le mélodrame. Aucun misérabilisme ne pointe jamais le bout de son nez dans le traitement du personnage de Melinda, qui intériorise la douleur qu'elle ne parvient pas à verbaliser, ni même dans la mise en scène de l'agression qui s'inscrit dans un contexte d'une tragique banalité.

Destiné à toucher les adolescents, le message de Speak est clair : le seul moyen de s'en sortir est de briser la loi du silence. Loin de diaboliser la gent masculine, représentée par une galerie de personnages aussi variés que les filles, Jessica Sharzer s'intéresse avant tout à la manière dont la victime va se reconstruire et reprendre le contrôle de sa vie en dépit des pressions (ou agressions) extérieures. Car à travers cette affaire de viol, ce sont surtout les défaillances du milieu scolaire qui sont pointées du doigt. Une critique qui s'exprime d'une part dans le comportement des jeunes : obsédés par leur image, ils ne se sentent exister que s'ils appartiennent à un groupe et toute personne exclue est condamnée à subir des persécutions toute l'année. Des moqueries explicites aux simples regards désapprobateurs, les divers épisodes de school bullying sonnent toujours justes - soulignons d'ailleurs le scandaleux désintérêt des media français pour le sujet. Le corps enseignant n'est guère épargné : incapables de tendre l'oreille quand un adolescent manifeste les symptômes typiques de la dépression, notamment lorsque ses notes chutent en flèche, les professeurs sont eux aussi soumis à la loi du silence mais aussi du conformisme, comme en témoignent les difficultés du professeur de dessin aux méthodes révolutionnaires de se faire accepter par ses pairs.

Riches en thématiques, Speak bénéficie également d'une narration et d'une réalisation efficaces et solides, à défaut d'être révolutionnaires, et se paie surtout le luxe d'une interprétation de première classe. Alors âgée de 14 ans, Kristen Stewart avait alors été remarquée chez David Fincher dans Panic Room et n'avait pas encore tourné Twilight. L'actrice fait déjà preuve d'une sensibilité et d'une maturité de jeu étonnantes, des qualités que ne démentiront pas ses productions futures comme venait récemment en témoigner Les Runaways et Welcome to the Rileys. Parmi les acteurs secondaires, on retiendra surtout Steve Zahn dans le rôle du professeur d'art plastique qui tente de faire sortir la jeune fille de sa coquille à travers le dessin. En résumé, pour un simple téléfilm, Speak coiffe au poteau pas mal de productions de cinéma dépeignant le milieu scolaire et pouvait largement prétendre à une diffusion sur le grand écran. Speak est disponible en DVD chez M6 Vidéo depuis le 2 décembre 2010.

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